Avec le Geipan, la France aussi enquête sur les ovnis depuis 40 ans (et tout est public) - 19 décembre 2017

La France aussi enquête sur les ovnis depuis 40 ans (photo: une photo déclassifiée de la CIA)

 

Une révélation qui a tout pour plaire aux adeptes de la théorie du complot.

Le New York Times affirme, preuves à l'appui ce samedi 16 décembre, que le Pentagone a mené pendant 5 ans un programme de recherche sur de possibles ovnis.

De 2007 à 2012, des images étranges ont été analysées par le "Programme d'identification de menace aérospatiale avancée", avec un budget annuel de 22 millions de dollars.

 

L'organisme a avant tout étudié des vidéos d'avions militaires américains face à des objets volants non-identifiés, au sens propre du terme. Si tout cela semble bien mystérieux, il faut rappeler que la France aussi étudie les PAN, ou phénomènes aérospatiaux non identifiés. Et ce depuis 40 ans.

 

L'organisme chargé de cela s'appelle le Geipan et dépend du Centre national d'études spatiales (Cnes).

 

D'ailleurs, son directeur, interrogé par Le HuffPost, ne trouve pas la révélation du New York Times si incroyable.

 

"Il est normal que la Défense enquête sur les choses inconnues auxquelles sont confrontés les pilotes américains, et ce sans chercher spécialement des extraterrestres", explique Jean-Paul Aguttes, responsable du Geipan depuis 2016.

 

9% des phénomènes restent un mystère

 

D'ailleurs, de récentes archives déclassifiées montraient que la CIA également s'était intéressée à ces témoignages de personnes affirmant avoir vu un phénomène étrange dans le ciel. Il y a par contre une spécificité française.

 

Les données du Geipan, qui existe depuis 1977, sont publiques.

 

"Nous ne travaillons pas qu'avec la Défense. Nous analysons des anomalies observées pour la majorité par l'homme de la rue", explique Jean-Paul Aguttes.

 

Ainsi, en 40 ans, les équipes du Geipan, qui comptent trois personnes et un mi-temps, plus une quarantaine de bénévoles, ont mené l'enquête sur 2687 cas.

 

En règle générale, les phénomènes trouvent une explication (ou sont simplement impossibles à identifier, par manque de données).

 

Depuis le début des analyses, seuls 9% des phénomènes sont considérés par le Geipan comme "non identifiés".

 

 

 

Ces quelques 200 cas sont accessibles pour tous sur le site de l'organisme.

 

Ce sont les phénomènes classés "D".

 

On peut ainsi y lire un résumé et une description du phénomène et de l'enquête qui a suivi (un exemple ici).

 

Les enquêteurs du Geipan commencent toujours par interroger la personne à distance, puis par vérifier, notamment avec des outils informatiques, les causes possibles du phénomène.

 

Ainsi, les avions, ballons ou encore les lanternes célestes sont la cause privilégiée de 40 à 50% des dossiers.

 

Aucun cas "très étrange" découvert en 40 ans

 

"Nous recevons chaque année 500 contacts. dont 250 méritent une enquête", précise Jean-Paul Aguttes.

 

Si un tiers des cas ne sont pas exploitables, il est nécessaire d'envoyer un enquêteur, bénévole, sur place pour 10% des signalements.

 

Différentes hypothèses sont alors émises.

 

Si l'une d'elle est probable à plus de 50%, le dossier est classé.

 

Sinon, le phénomène est considéré comme "non-identifié".

 

Ces dernières années, le Geipan a justement créé deux catégories pour les cas "D", les phénomènes non-identifiés.

 

D1, pour étrange,

 

et D2, pour "très étrange".

 

Mais pour l'instant, aucun témoignage n'a été classé en D2.

 

"On a créé cette classification pour qu'elle soit plus stricte et plus précise. Il faut que l'étrangeté du phénomène soit importante, mais aussi que l'observation soit consistante", explique Jean-Paul Aguttes.

 

Ainsi, un objet filant à toute vitesse ne pourra être classée D2 s'il n'y a pas eu au moins deux témoins indépendants.

Mais cela ne suffit pas.

Par exemple, en 2014, deux automobilistes ont vu un "phénomène lumineux aux couleurs vives". Le tout, sans se connaître.

 

Mais il y a un problème:

"La grande distance d'observation, le comportement dynamique du phénomène sans caractère exceptionnel, la durée limitée de chaque observation, le fait que les témoins soient constamment en mouvement (même lent) et aient pour l'essentiel observé au-travers d'une vitre de voiture sont un ensemble de points ne permettant pas le classement en D2",

précise le Geipan.

 

 

Les phénomènes "non identifiés" sont en baisse

 

En 40 ans, les cas rapportés ont d'abord été importants, puis ont connu une longue chute, jusqu'en 2007.

 

La hausse est alors spectaculaire.

 

Difficile de l'expliquer avec certitude, mais le boom des réseaux sociaux, les objets volants ludiques et autres lanternes célestes, ainsi que l'ouverture du site internet du Geipan en 2007 n'y sont certainement pas étrangers, note l'organisme.

 

Par contre, une autre tendance est visible depuis 40 ans:

 

la diminution du nombre de phénomènes "non-identifiés".

 

Les fameux cas "D". Ces 10 dernières années, seuls 2% des signalements sont classés dans cette catégorie.

 

 

 

Attention toutefois à ne pas oublier que le nombre grandissant de signalements fausse ce résultat.

 

Pour autant, les cas D sont tout de même en diminution tout court.

 

On est passé "de 6,8 cas D/an en moyenne de 1975 à 2004, à 2,5 cas D/an en moyenne depuis 2005".

 

Deux choses peuvent expliquer cette baisse, selon Jean-Paul Aguttes.

 

"Nous sommes plus stricts qu'avant. De plus, les outils à notre disposition ont évolué. Les enquêteurs, aussi, utilisent de nouvelles techniques d'entretiens", explique le directeur du Geipan.

 

"Pour autant, le Geipan ne voit pas tout et n'est pas au courant de ce qui se passe partout en France", nuance-t-il.

 

Pour les outils ayant amélioré la classification, la révolution numérique y est pour beaucoup.

"Google Street View est formidable", selon Jean-Paul Aguttes.

 

"Si un témoin a observé quelque chose par sa fenêtre, on peut repérer où il regarde, quel était son angle de vision par rapport au décor.

 

On peut ensuite recouper cela avec d'autres outils permettant d'analyser le passage des avions, les conditions météorologiques, les astres, le sens du vent", énumère-t-il.

 

Mais si ces témoignages ne sont jamais concluants et sont en plus en baisse, à quoi sert le Geipan?

 

"On rend avant tout un service aux témoins, en expliquant dans la plupart des cas l'extraordinaire, qui empêche parfois les gens de dormir, qui se sentent désemparés",

affirme Jean-Paul Aguttes.

 

Mais quid des petits hommes verts?

Si le directeur du Geipan "n'exclut rien", rappelant que la science est "démunie face à ce qu'elle ne comprend pas", il reste assez pragmatique.

 

"Je pense que la probabilité est bien plus grande de découvrir des extraterrestres chez eux, sur des exoplanètes, que chez nous. Il faudrait alors imaginer une vie extraterrestre qui devienne intelligente, puis découvre des technologies inconnues. Et même, il faudrait qu'ils visitent la Terre pendant que nous sommes là, un temps très réduit à l'échelle de l'univers".

Jean-Paul Aguttes

 

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